Tout débuta le jour où l’on proposa à Alexander d’enquêter sur la disparition d’une étrange perle au pouvoir d’immortalité...
Son indifférence aux croyances le fera hésiter, mais dès qu’il apprit que Léopold, son arrière-grand-père avait participé à cette étonnante chasse au trésor, sa curiosité ne se fit pas attendre en acceptant d’emblée l’enquête.
Ayant l’opportunité de glisser hors du temps présent à travers un inexplicable sillon temporel, Alexander dirigera ses recherches dans l’Indochine de 1916. Sa ténacité conduira ses investigations à Pékin en 1924 dans la tourmente de l’annexion de la ville et de la Cité interdite par les troupes chinoises.
Avec cette étrange expédition en Extrême-Orient, Alexander ne récoltera que de redoutables ennuis et s’apercevra que seul le mensonge lui apportera la vérité...


Lire est le seul moyen de vivre plusieurs fois.
Pierre Dumayet

Deuxième volet de la série des enquêtes fantastiques d'Alexander Junco

Publié aux éditions

mai 2017

230 pages

 

Conception et réalisation des photos N.S

— Je suis heureux de vous voir monsieur Junco, jamais, je n’aurai imaginé un jour de vous rencontrer.
— Pourquoi donc ?
— En fait, vous êtes l’homme de la situation.
— Vous ne m’avez pas répondu à ma question.
— Parce que ma famille connaît la vôtre.
— Diable !... Et pourquoi serai-je l’homme de la situation ? Allez droit au but monsieur Filon, nous gagnerons du temps.
— La dénomination de « Chasseur d’affaires oubliées » que vous défendez reflète précisément ma volonté de vous connaître. Seriez-vous intéressé à découvrir un secret de famille qui fût enfoui mystérieusement ?

 

***

 

Tout commença en 1916 en Indochine dans la plantation de « Cao Son ». Ses champs de thé à perte de vue rayonnants au couchant, dévoilaient toute la beauté de cette immensité. Alexander découvrira pourtant la vie peu attrayante de son arrière-grand-père qui lui causera bien des ennuis.

Portant une tenue appropriée, son enquête le conduira à la recherche du trésor d'un empereur déchu, dont la perle du sceau impérial au pouvoir de l'immortalité de l'âme sera la pièce maîtresse. Alexander restera sceptique, mais elle attisera la convoitise de ceux qui ne le sont pas...

Dans un tripot caché dans les bas-fonds de Hanoi, Alexander sera confronté à d'étranges rencontres et surtout à la redoutable Mme Lê-Tong dite la « Maì gàm » aux extravagantes tenues. Voulant s'approprier la perle divine, elle n'hésitera pas à faire assassiner son arrière-grand-père et tous les témoins lors d'une chasse au tigre.

 

 

 

 

 

Vêtu pour la circonstance, Alexander poursuivra les protagonistes de son histoire en Chine en 1924.

 

 

 

 

 

 

 

Lors du « Coup de Pékin », la prise de la ville et l'annexion de la Cité interdite par un des Seigneurs de guerre lui causera d'énormes frayeurs.

Dans sa fuite éperdue, Alexander sera contraint de se réfugier dans la vieille ville aux rues sordides. Bien qu'épouvanté de la situation, il trouvera incidemment la solution de son affaire.

Découvrez l'étrange expédition d'Alexander Junco en Extrême-Orient en vous plongeant au coeur de son enquête mouvementée, dont l'intrigue ne sera pas celle que vous pourriez croire...

Disponible partout en France sur commande en version papier ou format numérique.

 
 
 
 
 
 
 

Chez les libraires de votre région.

 

PREMIER EXTRAIT

 

[...]— Monsieur Filon, qu’attendez-vous de moi précisément ?
— Ce que je vous ai indiqué la dernière fois : découvrir la raison de la disparition de mon grand-père Théodore ainsi ce qu’est devenu son trésor.
— Je doute qu’il puisse exister de nos jours, vous m’aviez dit qu’après sa disparition, sa femme Margaret était rentrée en France et vivait modestement. Elle n’aurait donc emporté aucune valeur, ce qui démontrerait que le trésor serait resté là-bas, depuis le temps quelqu’un a dû s’en accaparer.
— Pas forcément ! Car Théodore était un roublard et avait dû préserver ses biens à l’insu de tout le monde, même de Margaret. Je suis persuadé qu’il est caché quelque part à Pékin.
— Pourquoi Pékin ?
— C’est là qu’il était parti traiter secrètement une affaire avec un correspondant. Je suis convaincu que son intention était de vendre une partie du trésor et notamment la divine perle noire dénommée « perle lunaire ».
— Allons bon !... Voilà autre chose ! Qu’avait-elle de si particulier pour avoir cette étrange dénomination ?
— D’après la légende, la « perle lunaire » à la couleur de jais représentait le symbole du pouvoir et de l’immortalité de l’âme. Issue du sceau impérial de la dynastie de l’empereur, elle fut précisément retraduite dans le carnet de mon grand-père.
— Waouh !... Cette histoire devient de plus en plus loufoque et délirante, c’est un conte à dormir debout. Monsieur Filon, étant cartésien en mon for intérieur, je ne peux concevoir que cette force céleste soit réellement divine. Les yeux croient ce que l’on veut leur faire croire.
— Alors pourquoi avait-elle autant de magnétisme pour que l’on s’y intéresse avec une telle assiduité ?
— Pour ma part, je pense qu’elle devait représenter une idéologie, car en réalité ce n’était toutefois qu’une légende. L’immortalité a toujours été le « Graal » des fanatiques.
— Monsieur Junco ! En Orient, les légendes quoi qu’on en dise, ont invariablement une part de vérité, du moins de réflexion. Quant à l’immortalité, elle a en tout temps été la quête éternelle de l’homme. Tout cela pour vous dire qu’avant son départ pour Pékin, Théodore rédigea ses derniers écrits sur son carnet de voyage. Ceux-ci précisaient que son séjour serait l’aboutissement de sa transaction, démontrant ainsi l’importance de la perle.
— Diable !… La perle aux facultés suprêmes aurait donc trouvé un acquéreur, c’est hallucinant ! Seulement, depuis tout ce temps, la Révolution chinoise a vraiment tout balayé, il sera pratiquement impossible de retrouver la moindre trace.
— Pratiquement ne veut pas dire impossible ! Vous êtes qualifié dans le domaine des affaires oubliées, c’est donc parfaitement dans vos cordes.
— C’est tout de même hasardeux sans point de repère.
— Un dernier détail pourra probablement vous faire changer d’avis. Le correspondant, dont je vous ai cité, se nommait le prince Chang Lê-Kaillé issu d’une grande dynastie chinoise qui existe de nos jours. Avec votre habileté, vous pourrez remonter jusqu’à ce personnage, afin de découvrir si une transaction fut réalisée, car ce trésor avait le privilège d’être historique et divin. Le prince Chang Lê-Kaillé n’avait certainement pas voulu perdre ces avantages.
— Avantages, dites-vous ? En toute évidence, l’immortalité n’a pas fonctionné sur le prince, car je suppose qu’il repose dans un sommeil éternel depuis longtemps.
— Dans le monde visible, mais pas celui de l’invisible, les croyances sont faites entre autres pour concevoir une vie dans l’au-delà, d’où l’immortalité de l’âme.
— Monsieur Filon, pour ma part ces doctrines ne m’ont jamais convaincu, je n’en tiens d’ailleurs pas compte dans mes investigations. Ma conviction est fondée sur le matériel plus que le mystique.
— Je comprends votre théorie, mais ne soyez pas si affirmatif monsieur Junco, car croyez-moi, cette affaire risque de vous faire changer d’avis.[...]

 

***

 

DEUXIÈME EXTRAIT

 

[...]— Trop tard ! Alex regarde devant nous, les trois vermines nous ont retrouvés.
— Et merde ! Nous sommes cuits !
— Peut-être pas ! Entrons chez ce boutiquier, nous pourrons nous cacher dans ce capharnaüm.
Sans demander leurs restes, ils s’engouffrèrent dans la boutique pour s’accroupir contre une vitrine sous une multitude de vêtements accrochés. Au bout de quelques minutes interminables, leurs assaillants avaient disparu et ils purent lentement relever la tête.
— Nous les avons semés, Phil, ton plan était judicieux, nous sommes en sécurité dans cette échoppe et…
Alexander ne termina pas sa phrase, il sursauta brusquement, horrifié à la vue des bocaux alignés sur les étagères le surplombant. D’horribles serpents plongés dans de l’alcool le fixaient, prêts à se lover et jaillir hors de leur refuge.
— Waouh !... Ton plan était foireux, nous sommes tombés dans l’antre aux serpents. Vise un peu, ils nous matent prêts à nous attaquer, ce n’est pas cool du tout !
— Mon Dieu ! C’est abominable, ils sont regroupés en quantité excessive, tous différents et aussi monstrueux les uns que les autres. Fuyons !
D’un mouvement brusque, ils se levèrent en bousculant les étagères provoquant la chute de plusieurs bocaux à leurs pieds. Sous le choc, le verre des récipients se brisa et le liquide les éclaboussa. Aussitôt, une forte odeur d’alcool leur piqua les narines à les enivrer. Quant aux reptiles, ils s’étalèrent devant eux, bloquant ainsi leur passage. Hurlants de terreur, ils restèrent tétanisés.
Soudain, un cri aigu retentit près d’eux, Alexander et Philibert épouvantés aperçurent le boutiquier, un tout petit Chinois armé d’un coupe-coupe rutilant se ruer vers eux. Dès son approche, ils furent bien plus terrorisés que la vue des serpents à leurs pieds. Décampant comme des lapins, ils se précipitèrent vers la sortie pour pénétrer dans la pénombre des ruelles poisseuses et malodorantes. Dans leur course effrénée, ils se retrouvèrent dans la rue principale pour tomber nez à nez sur leurs agresseurs.
— Waouh !... J’hallucine ! Cette fois, nous sommes morts !
— Alex, regarde à droite ! Il y a quelqu’un dans une calèche qui nous fait signe de venir.
— Diable !... Qui est encore cet individu ? Vu la situation, je crains que nous n’ayons pas le choix. Allons vers cette main secourable, car si les hommes masqués nous attrapent, notre compte est bon.
Ensemble, ils grimpèrent d’une enjambée à l’intérieur de l’attelage qui démarra aussi sec dans un nuage de poussière. Dès qu’ils aperçurent le visage de leur sauveur dissimulé sous son large chapeau, Alexander et Philibert furent si décontenancés qu’ils s’exclamèrent à l’unisson :
— Vous !...
— Je vous avais proposé mon aide les gars, je vois qu’elle était utile. Ce sont les hommes de main de la « Mai gàm » qui vous pourchassent. Votre refus d’obtempérer à ses ordres a contrarié son ego. Croyez-moi, vous avez tout intérêt à quitter rapidement le pays, car elle et ses tueurs ne vous lâcheront pas, vous savez trop de choses.
— C’étaient donc bien ses sbires aux faces de rat, j’avais cru reconnaître l’un d’eux dans la bagarre. Pourquoi la « Mai gàm » fait-elle ça, nous ne savons rien qui puisse l’intéresser.
— Le fait de fréquenter les trois lascars et de vouloir vous enfuir, votre implication est devenue évidente à ses yeux. Sachez qu’elle a une sainte horreur des refus et surtout des témoins, vous comprenez maintenant votre agression.
— Dîtes-moi, vous en avez des choses, vous nous espionnez également à ce que je vois.
— Il n’y a aucun mystère. Je vous ai vu deux fois au Lan Lam avec eux trois, votre discrétion n’était pas honorable, cet endroit n’a pas de murs pour les oreilles indiscrètes. J’ai compris vos projets, tout comme les serviteurs de la « Mai gàm ». Je vous ai suivi jusqu’à votre hôtel et lorsque les tueurs vous ont agressés, je suis intervenu avec ma calèche.
Au bout de quelques minutes, ayant faussé compagnie de leurs poursuivants, l’inconnu arrêta l’attelage dans une rue tranquille. Alexander reprit la conversation.
— Votre aide est généreuse, mais pourquoi nous avoir secourus, alors que vous ignorez exactement qui nous sommes.
— Comme je vous l’ai dit, depuis le début, j’ai saisi votre jeu. Vous avez usurpé la fonction de reporter pour vous rapprocher des trois loustics et de leur chasse au trésor.
— Comment pouvez-vous être aussi affirmatif ?
— Vous empestiez l’imposture. En me renseignant à L’Illustration, ils n’ont avoué n’avoir aucun reporter à vos noms. Ce fait m’a incité à croire que vos intentions en valaient la peine pour jouer ce jeu avec ces ratés et je ne me suis pas trompé. La perle divine n’est-elle pas votre objectif ? [...]

 

***

 

TROISIÈME EXTRAIT

 

Sous un temps gris enveloppant la ville de la fraîche matinée d’octobre, des bruits de bottes résonnèrent sur les pavés de l’immense place Tian’anmen. D’imposants murs rouges étaient érigés, telle une fortification pour entrer dans la mystérieuse Cité interdite où était reclus l’empereur Puyi.
Le mouvement des soldats ne réjouissait ni Alexander ni Philibert, désorientés par le transfert, la peur au ventre, ils se dépêchèrent de se faufiler vers le dédale des rues avoisinantes.
Vêtus de leur tenue sombre, ils se fondirent dans un passage fourmillant d’agitation. L’environnement avait quelque peu changé du plan de la ville trouvé sur Internet, mais le chemin qu’ils s’étaient tracés existait. Ayant une trouille bleue dans ce brouhaha inquiétant, ils adoptèrent une attitude de pénitent en baissant la tête.
Traversant en toute hâte des ruelles crasseuses et malodorantes de cette société restée féodale, ils aperçurent au loin se dresser les hauts murs d’entrée du Quartier des légations.
— Il fait rudement froid, je suis gelé et en plus je flippe à mort. Heureusement que nous arrivons, ces rues sont si répugnantes qu’elles me donnent envie de gerber.
— Alex, c’est logique, nous sommes fin octobre. Ce froid est saisissant, tout comme la misère des rues est aussi abondante que l’opulence des fortunés.
— Ce n’est pas le moment de faire de l’humour avec tes interprétations. Je ne vois pas Théo, c’est pourtant bien l’endroit du rendez-vous.
— Je l’aperçois, du moins j’espère ne pas le confondre avec sa nouvelle apparence. Mon Dieu !... Il a rudement changé. Sans sa moustache, son visage au teint pâle et yeux cernés est devenu anguleux le rendant bien moins avenant qu’autrefois, je redoute sa réaction dès qu’il nous apercevra.
Alexander et Philibert vêtus de leur tenue passe-partout se rapprochèrent de lui. Ne les ayant pas reconnus, il les dévisagea un long moment et s’écria :
— Sacrebleu ! Les frères reporters ! Que faîtes-vous là accoutrés comme la populace ?
— Nous t’avons cherché longtemps afin de te prévenir de ne pas aller à ton rendez-vous, lui murmura Alexander.
— Quoi !... Qu’est-ce donc que cette histoire ?
— Nous savons tout sur la mort de Léo et Jason, tout comme ta fuite du Tonkin. Seulement, tu as été abusé par Jason avec la perle noire. Ton entrevue avec le prince risque de t’être défavorable, il connaît le pouvoir de cette perle et reconnaîtra aussitôt qu’elle n’appartient pas au sceau impérial. Renonce à cette entrevue.
— Foutrebleu ! De quel droit immiscez-vous dans ma vie, espèces de rats d’égout ? Vous voulez m’emberlificoter en me faisant chanter afin de récupérer de l’oseille. Est-ce votre intérêt dans cette affaire ?
— Absolument pas ! Nous sommes tes potes et après ce qui s’est passé à Hanoi, nous voulons t’aider.
— Je n’ai besoin d’aucune aide et nous ne sommes pas potes. Allez au diable !
Dès qu’il eut terminé sa phrase, le rickshaw à deux places du conseiller Tian-Yun arriva. Sous la capote fermée, attendait un homme très maigre au visage d’une grande laideur. Sa figure d’autorité fixa Théodore, qui sans un mot monta dans le rickshaw pour disparaître dans la foule. Tian-Yun ayant aperçu Alexander et Philibert, s’inquiéta auprès de Théodore.
— Monsieur Filon, que voulaient ces hommes que vous avez rudoyés ? N’oubliez pas que l’entrevue avec le prince doit être discrète. C’est un principe immuable de bonne foi.
— Rien ne vous échappe monsieur Tian-Yun. Soyez tranquille, ce ne sont que des indigents, ils n’ont aucune importance. Personne ne connaît notre entretien avec le prince.
— Je vous le souhaite. Le prince Chang Lê-Kaillé n’aime pas les indiscrétions ni moi non plus d’ailleurs ! [...]